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XTC
In God We Trust



Donald Cuccioletta
L'auteur est historien et enseigne à la Plattsburgh State University de New York. Il est aussi membre de l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand, UQAM.


Depuis deux semaines, la politique étrangère des États-Unis, avec ce que les observateurs de la scène internationale ont intitulé, la doctrine Bush, confirme qu'elle est devenue le véhicule transportant la mission morale étasunienne à travers le monde.

Certains diront que cette mission morale a vu le jour avec le début de la guerre froide et qu'elle a connu son plus fort paroxysme quand Reagan désigna l'Union soviétique comme l'Empire du Mal. Pendant la guerre froide, l'élément religieux (croyants - in God We Trust - contre les athées communistes) avait été omniprésent sans toutefois être au coeur même de la politique étrangère du gouvernement étasunien. La guerre froide, qui opposa la liberté capitaliste au totalitarisme soviétique, fut avant tout une lutte de pouvoir (politique, économique) entre deux puissances hégémoniques où de nombreux pays devaient s'aligner sur l'une ou sur l'autre. Il y a toujours eu une droite et une extrême droite anticommuniste, représentée par les Barry Goldwater, Strom Thurmond, Jesse Helms, pour ne nommer que les plus importants, mais leur anticommunisme reposait surtout sur la menace à la liberté et à la libre entreprise (le capitalisme), non sur l'idée que le Bien devait triompher sur le Mal.

Avec l'arrivée de Ronald Reagan au pouvoir, on a pu clairement percevoir, pour la première fois depuis les années trente (avec le procès Scopes, sur l'enseignement de la théorie darwinienne dans les écoles et le mouvement du revivalisme religieux qui a donné naissance aux preachers modernes tel Billy Graham), une implication et un lien entre la politique et la droite religieuse.

C'est ainsi qu'on a vu apparaître dans l'antichambre du pouvoir à Washington les Jerry Falwell, les Pat Roberston (candidat lui-même à la présidence) et leurs organisations comme, entre autres la Moral Majority et la Christian Coalition. Ces fondamentalistes chrétiens et protestants (il y aussi un fondamentalisme catholique, en l'occurrence Pat Buchanan) se sont érigés non seulement comme des gardiens de la morale chrétienne, mais aussi comme les gardiens de la morale tout court à l'intérieur de la politique. Leurs discours vont influencer et même modifier la rhétorique politique (d'où l'allusion à l'Empire du Mal de Ronald Reagan).



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Ténors du fondamentalisme

Tout au long des années 1980, ces ténors du fondamentalisme religieux se trouvaient encore seulement dans l'antichambre du pouvoir politique et ne pouvaient exercer qu'une influence limitée. Avec la venue de George W. Bush (fils), la situation va toutefois évoluer en leur faveur. Par exemple, la désignation de John Ashcroft comme ministre de la Justice (Attorney General) au début du mandat de George W. fera enfin pénétrer cette droite religieuse à l'intérieur même du gouvernement. Il y a trois ans, Ashcroft déclara devant des étudiants à l'université Bob Jones que l'Amérique «ne connaissait d'autre roi que Jésus».

Ainsi avec des organisations comme Family First (qui lutte contre le droit à l'avortement) et des individus comme Bill Bennett, qui a écrit en 1999 The Book of Virtues (un livre sur l'importance des valeurs chrétienne dans la lutte contre les politiques libérales aux États-Unis), cette droite religieuse peut désormais influencer directement la prise de décision au sein du Cabinet et s'ingérer dans le processus législatif (le Patriot Act), grâce à sa présence à l'intérieur du petit cercle des conseillers entourant le président. L'administration de George W. Bush exige maintenant d'être jugée non sur ses actes et ses paroles, mais sur la pureté morale qu'elle se targue de posséder.

Le lendemain de la destruction du World Trade Center de New York, George W. Bush a défini l'avenir de la guerre contre le terrorisme comme «un gigantesque combat du Bien contre le Mal» (New York Times, Sept. 12, 2001). Le 1er octobre 2001, le maire de New York, Rudolph Giuliani, s'inspirant du président, tenait ces propos lors de son passage à l'Assemblée générale des Nations unies: «D'un côté, on trouve la démocratie, la règle de droit et le respect de la vie humaine; de l'autre, la tyrannie, les exécutions arbitraires et les assassinats de masse. Nous sommes le Bien, ils sont le Mal. C'est aussi simple que cela.» (New York Times, 1 Oct., 2001). Même Condoleezza Rice, que l'on aurait pensé plus pragmatique, pour expliquer ses raisons de faire une «guerre juste» à Saddam Hussein, s'est récemment contentée de nous dire que Saddam Hussein était «un homme maléfique ».

Références bibliques

Il ne faut pas se surprendre des références bibliques et d'un langage à saveur et à ferveur fondamentaliste dans le discours étasunien actuel. Selon le célèbre théologien Paul Tilllich, la révolution américaine ne fut pas foncièrement une révolution politique, mais surtout une révolution chrétienne et protestante. Les nombreuses références à Dieu dans les discours présidentiels, de Jefferson à Lincoln jusqu'à Carter l'indiquent clairement. Paradoxalement, tout en embrassant la séparation de l'Église et l'État, les présidents étasuniens ont toujours, à divers degrés, donné un caractère messianique et salvateur à leurs actions de politique étrangère.

La situation actuelle est plus inquiétante. Les fondamentalistes chrétiens ne sont plus dans l'antichambre du pouvoir, ils sont désormais au pouvoir. Cette théocratie tant convoitée par John Winthrop et Cotton Mather (les leaders et penseurs du mouvement des Puritains dans la colonie de la baie de Massachusetts), est-elle en train de s'installer subtilement dans la société et la culture politique étasuniennes? C'est sûr qu'avec un discours qui contient des phrases telles que «Vous êtes avec nous ou contre nous», «nous sommes le Bien, eux sont le Mal», «C'est un combat de la civilisation du Bien contre la civilisation du Mal», «Jésus est le roi de l'Amérique», l'idéal d'une Nouvelle Jérusalem de Winthrop et compagnie semble plus près d'être atteint au 21e siècle que de leur vivant (17e siècle).

Non satisfait d'installer les porteurs de la parole du Christ au pouvoir à Washington, la nouvelle doctrine Bush (sur la politique étrangère) veut la propager à travers le monde telle une mission apostolique. Dans ses commentaires aux journalistes à propos de cette nouvelle doctrine, Ari Fleischer, porte-parole de la Maison-Blanche, a dit que «les États-Unis utiliseront leur puissance pour reprendre le bien dans le monde». Évidemment, selon cette doctrine, les États-Unis sont les seuls à incarner le Bien. Ari Fleischer poursuit en indiquant que le concept de libre-échange n'est plus un concept propre au domaine des sciences économiques, mais plutôt un «principe moral».

La nouvelle doctrine de Bush, qui va réorienter la politique étrangère des États-Unis pour les années et les décennies à venir, est devenue, non pas un document pragmatique reposant sur la realpolitik, ce qui permettrait à la communauté internationale d'en débattre et de la questionner, mais un document principalement basé sur le Bien et le Mal où la moralité chrétienne tient le haut du pavé. Les États-Unis, la seule hyperpuissance de la planète, ne semblent plus vouloir se contenter de jouer au policier international, mais plutôt veulent s'ériger comme le seul vrai gardien de la conscience morale planétaire.
Renegade
Ehhhh...... avez vous une article d'anglais s'il-vous-plait? :conf:
Arbiter
Nothing really insightful here if you ask me. It's pretty obvious that there's a heavy element of Christian dogmatism in the Bush administration, despite its direct contradiction with the purported fundamental principles of the United States. I think it's pretty obvious that something has to be done to repair this deficiency, but what?
XTC
Cest ce que je pense aussi ARBITER.
JohnSmith

haha, just kidding guys. :)
Blik
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