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DJ vs Monde
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malek
La crise de croissance des étoiles des platines

LE MONDE | 19.01.04
Les DJ ont traversé toutes les modes depuis les années 1970 en connaissant
une popularité croissante. Le trop grand nombre de ces stars et l'inflation
de leurs cachets ont fait entrer le monde des clubs dans une situation
difficile. L'issue se trouve peut-être, simplement, dans le "savoir faire
danser".
La nuit du Nouvel An fut étonnamment calme cette année, dans le monde
parisien de l'électronique. Pas de grand raout constellé de DJ superstars,
pas de folies collectives organisées à grands renforts de lasers et
d'animations. Non, plutôt de gentilles soirées joliment festives dans les
clubs habituels, avec de bons artisans du mix. "Dix jours avant le
réveillon, nous recevions encore des listes de DJ internationaux disponibles
cette nuit-là, raconte Céline Reynart, du Rex Club, haut lieu des nuits
parisiennes. Il y a encore trois ans, c'était inimaginable."

Depuis deux ans, le DJ semble marquer une pause dans son irrépressible
ascension. Icône de l'underground gay et disco dans les années 1970, pilier
de la culture hip-hop au début des années 1980, personnage central et vénéré
des années rave, il a été consacré star par la culture club. Certains,
pourtant, se demandent si les grandes heures du deejaying, qui avaient mis
la maîtrise des platines au rang des arts majeurs, ne sont pas derrière
nous.

En Europe, la tendance semble se confirmer, jusqu'à remettre en question la
valeur d'un métier dont les meilleurs représentants sont capables
d'enchaîner et de mélanger les disques jusqu'à produire une nouvelle
musique. Ils sont loin, les excès qui ont marqué la fin des années 1990, et
surtout le passage à l'an 2000. A l'époque, le peloton de tête des DJ
obtenait des cachets de plus de 15 000 euros pour une prestation. Certains
multipliaient ces gains en acceptant de mixer dans trois soirées différentes
la même nuit. D'autres proposaient d'être multidiffusés via Internet sur
écrans géants. Tout cela a entraîné en 2003 quelques faillites de clubs
géants britanniques. A l'autre bout de l'échelle, on trouve les innombrables
bars et restaurants qui tiennent à imposer un DJ souvent aussi créatif
qu'une bougie d'ambiance. Le retour de bâton est presque mérité.

Cette situation n'est pas sans conséquences : "L'offre est moindre, explique
Frédéric Djaaleb, agent de DJ internationaux tels que l'Américain Jeff
Mills. Des DJ qui pouvaient avoir jusqu'à dix propositions concurrentes n'en
ont plus que deux. Certains ont été obligés de baisser leurs tarifs, mais
cela concerne surtout la deuxième génération de DJ, qui avait eu tendance à
surévaluer son pouvoir d'attraction." La pause ne serait donc qu'un retour à
la normale. Un effet logique de la banalisation de l'électronique, estime
Dimitri Perrier, programmateur du Nouveau Casino, une petite salle qui a
choisi de jouer la carte de la découverte, d'alterner clubbing et concerts
plus classiques : "Les DJ ont plutôt intérêt à jouer chez nous, en tant que
salle parisienne. Aujourd'hui, les gros cachets tournent autour de 1 000
euros. Avant, les mêmes auraient demandé 5 000."


LA PROVINCE ET LA JET-SET

Agoria appartient à la troisième génération de DJ. S'il exerce depuis neuf
ans dans la région lyonnaise, sa situation a radicalement changé depuis la
sortie chez Pias de Blossom, son premier album, fin 2003. Confiné
jusqu'alors aux clubs français, de province le plus souvent, il parcourt
désormais le monde, grâce à son image de producteur. Il a été, comme les
autres, obligé de s'adapter au fonctionnement de l'industrie musicale.

Impossible aujourd'hui pour un débutant d'être engagé sans avoir un disque à
promouvoir, un label à défendre : "95 % des promoteurs de soirées qui
m'accueillent ne savent même pas que j'étais DJ avant - de sortir mon disque
-, plaisante Agoria, conscient de la fragilité de sa situation. En province,
mes potes galèrent toujours, pourtant ce sont eux qui font vivre l'intérêt
pour cette musique."

La crise ne touche donc pas tout le monde de la même façon. La jet-set du
deejaying international (une vingtaine de DJ, dont Carl Cox, Sven Vath,
Laurent Garnier, Jeff Mills, DJ Hell, Roger Sanchez ou Dave Clark) a encore
de beaux jours devant elle : "Les très grands ne sont pas vraiment touchés.
Certes, les clubs réservent moins de DJ internationaux, mais, quand ils le
font, ils prennent une valeur sûre", affirme Céline Reynart. De nouveaux
marchés se sont créés, qui pallient l'essoufflement européen. L'Amérique du
Sud et l'Asie sont les nouveaux eldorados des grandes vedettes. Au Brésil,
les demandes se font plus nombreuses ; le Chili, où la scène est
florissante, vient d'organiser, du 9 au 14 janvier, la dernière édition du
Mutek, festival à l'origine canadien dédié aux musiques électroniques.

Cette fuite en avant cache en fait une remise en question profonde d'un
métier auquel les musiques électroniques, après le hip-hop, ont donné ses
lettres de noblesse, sans toutefois se focaliser sur la virtuosité. Le
succès des iconoclastes belges 2 Many Dj's (traduire "trop de DJ"), en 2002,
en fut la preuve cinglante. En choisissant d'abattre toutes les frontières
musicales, en mélangeant allégrement rock, techno et rap dans de savoureux
"bastard tracks" (morceaux bâtards), en affirmant haut et fort leur
ignorance du mix tel qu'on l'avait sacralisé dans les hautes sphères de
l'électronique, les deux compères ont remporté le gros lot. Et la sentence
de tomber : gloire aux pousse-disques, vive l'amateurisme !

L'ESPRIT DE COMMUNION

Dur constat, après vingt ans de combat. Depuis, un excès chassant l'autre,
la mode des "selectors"et autres "amateurs iconoclastes" n'en finit plus de
durer. Acteurs, animateurs, journalistes, attachés de presse, patrons de
label, organisateurs de soirées passent de plus en plus régulièrement
derrière les platines. Et chacun de ressortir sa collection personnelle, ses
vieux tubes nostalgiques ou, à l'inverse, les dernières nouveautés qui
épateront la galerie. Une concurrence déloyale ? "Non, explique Dimitri
Perrier, nous choisissons des personnalités liées de près à la musique."

Juste de quoi entretenir la confusion qui règne autour de l'image actuelle
des DJ. Ces soirées qui mettent en valeur les personnalités sont "rigolotes,
sans prétention", selon le Rex Club, qui a créé ses Rexhibitions, et
"toujours gratuites", précise-t-on. Heureusement, car le spectre de la
mauvaise boum n'est jamais loin, aux Rexhibitions comme ailleurs. Il ne
suffit pourtant pas d'aimer la musique ni d'enchaîner deux disques (vinyles,
compacts ou numérisés) pour devenir un vrai DJ.

En ce sens, l'évolution technologique du Final Scratch (une technique qui
allie les sensations physiques de la rotation des disques vinyle sur la
platine aux capacités du numérique) reste un gadget distrayant. Sous leurs
airs farceurs, les 2 Many DJ's, imprégnés de culture club, n'ont rien fait
d'autre qu'y intégrer leur style musical.

Tout aussi important, ils ont su retrouver l'esprit de communion qui avait
disparu des pistes de danse. Il faut avoir une culture, une histoire à
raconter, une personnalité à exprimer, et, surtout, la volonté de partager
avec un public, rappelait avec justesse Laurent Garnier à la sortie de son
livre, Electrochoc (Gallimard). Accessoirement, savoir "tenir" quelques
milliers de danseurs et, parfois, sauver la nuit de la débandade, comme l'a
fait avec maestria l'Anglais Roni Size, en juillet 2003, au festival
Marsatac. Un savoir-faire enivrant qui n'est pas à la portée de tous.

Odile de Plas

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Le DJ "le plus populaire du monde"


DJ Mag, le magazine britannique de référence en la matière, l'a mis en tête
de son huitième "top 100": c'est DJ Tiësto, de son vrai nom Tijs Verwest, un
Néerlandais de tout juste 34 ans. Spécialisé dans la techno transe
ultracommerciale, un genre très populaire en Europe du Nord et caractérisé
par sa linéarité sans borne, il a ravi la place pour la deuxième année
consécutive à Paul Van Dick, l'ancien ténor du genre. Son premier "concert",
en fait un mix de huit heures de ses propres morceaux, agrémenté d'un show
laser et de danseuses du meilleur goût, a rassemblé 25 000 fans au printemps
2003 dans le stade de Gelredome in Arnhem, au centre de la Hollande.

Son site le décrit comme un garçon simple et incroyablement disponible pour
son public, toujours prêt à signer des autographes après une longue nuit.
Mais si DJ Mag affirme qu'il est le DJ le plus populaire au monde, rien ne
nous oblige à penser qu'il est le meilleur. Nous voilà rassurés.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.01.04
Mike_B
pas exactement certain c'etais quoi le point de l'article elle meme

i find they were a little harsh on trance DJs

PVD = paul van dick lol

anyways

c'etait le fun a lire lol
mais sa fait 3 ans qu'on dit que sait mort, pis on le dit encore :P
djlemeir
trance ultracommerciale et "Mais si DJ Mag affirme qu'il est le DJ le plus populaire au monde, rien ne
nous oblige à penser qu'il est le meilleur. Nous voilà rassurés."
pwned
lol
funy
and its bs that he signs autographs, ask the devil and wisnia wat they think of tiestos autographing
Zeiter
vry interesting...
thanks malek
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